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Un taliban chez les Zo’és
vendredi 1er janvier 2010
"Il gardera rancune au monde de sa jeunesse d’avoir mis tant de tabous sur sa route, d’avoir inhibé son moi et freiné ses élans." [1]
Les circonstances de l’atterrissage d’un jeune taliban de 18 ans au coeur de la forêt amazonienne ne sont pas encore élucidés par les autorités brésiliennes. Certains parlent d’un atterrissage en catastrophe d’un avion de la CIA transportant des prsonniers de guerre afghans. D’autres évoquent une évasion d’une prison secrète de la CIA, gérée par les services secrets brésiliens.
Elias dos Santos Bigio, qui dirige le département des Indiens isolés de la FUNAI (Fundação Nacional do Índio) raconte que le jeune afghan Amir a été secouru par les Zo’és [2] , une tribu qui vit dans une zone isolée et protégée de l’Amazonie. Il était inconscient lorsqu’un groupe de femmes Zo’és le découvrirent gisant sous un arbre. Grâce aux vapeurs de leurs herbes médicinales, elles ont réussi à le ressusciter. Mais il subit un terrible choc neveux juste après son réveil. De toute sa vie, il n’a jamais vu une femme nue ! Or, les Zo’és vivent exactement comme Adam et Eve lorsqu’ils menaient la dolce vita au paradis de Dieu. Même le mot "vêtement" n’existe pas dans leur vocabulaire. Amir a été transporté jusqu’au campement de la tribu. Ils l’ont installé dans un hamac et, pour calmer ses esprits, la chamane des Zo’és lui a fait inhaler une fumée à base de cannabis et d’autres herbes inconnues ailleurs.
Le second réveil d’Amir, pour ne pas dire Éveil, fut l’un des plus doux qu’un humain puisse imaginer. Au début il se croyait au paradis d’Allah, entourée de jeunes vierges. Mais peu à peu il comprit qu’il est encore sur terre et que ces êtres qui l’entourent ne sont ni des bêtes ni des sauvages. Les Zo’és n’ont pas encore reçu la mauvaise nouvelle : un déluge avait presque exterminé les Homo sapiens et seuls quelques "élus", tel que Noé, avaient réussi à sauver leur peau. Ils ne savent pas que Moïse a déjà accompli sa traversée du désert. Le comble c’est qu’ils ne savent pas qu’un jeune homme de 33 ans, né à Nazareth, est mort pour eux. Enfin, ils ne savent pas qu’il y a à peu près 15 siècles, un Arabe a clos le cycle des prophètes et des prophéties.
En vivant avec et parmi les Zo’és, le jeune Amir a commencé a douter de tout ce qu’il avait appris dans les écoles coraniques de son pays d’origine. Il a appris que le monde ne se divise pas en croyants et mécréants et que les "sauvages" sont aussi des gens civilisés. Il a appris aussi que mlagré la nudité totale aussi bien des femmes que des hommes, les mâles de la tribu ne passent pas leur temps à dévorer du regard le corps des femmes. D’ailleurs, au début le jeune Amir trouvait de la difficulté à cacher son excitation à la vue des jeunes femmes Zo’és. Mais, avec le temps, il s’est habitué aux us et coutumes de sa nouvelle tribu. En outre, il n’a plus de sentiment de culpablité lorsqu’il est dans les bras d’une Zo’ée.
Il est peu probable qu’Amir quitte l’Amazonie pour retourner en Afghanistan mais ce que est sûr c’est que son livre " Un taliban chez les Zo’és ", écrit en pachtoune, sera un best-seller sous le manteau dans son pays natal.

Notes
[1] Dominique Bona : STEFAN ZWEIG, L’AMI BLESSÉ ; Éditions Plon, 1996 ; page 47
[2] D’après un reportage de l’hébdomadaire italien L’Espresso ( numéro du 9 novembre 2006, page 122), la tribu des Zo’és compte 238 individus. La société des Zo’és est matriarcale et n’a pas de traditions guerrières. Lire aussi le dossier de Courrier International ( numéro 976, du 16 au 22 juillet 2009, pages 30 à 37) : Amazonie : Les derniers hommes libres.
